Une pas si mauvaise journée


Pourquoi c'est moi qui doit aller chercher ce Luxus à l'aéroport ?


Décidément ce n'était pas ma journée aujourd'hui ! D'abord je me cognai le pied contre la commode dès mon lever, ensuite je me renversai le bol de chocolat sur mes habits du jour et pour finir, j'eus la honte de me prendre la porte vitrée !! Pourquoi l'automatisme de l'ouverture ne fonctionna pas justement quand je passai ?! Et j'arrivai enfin dans la salle du journal où j'étais stagiaire pour m'entendre dire que le patron voulait me donner une mission. Idiote que je suis, j'ai pensé à un reportage même petit. Erreur ! Je devais faire le chauffeur !!


J'arrivai à l'endroit indiqué avec ma pancarte. Je trouvais qu'on avait l'air ridicule à attendre avec ça entre les mains et maintenant que je le faisais, j'en étais sûre ! Je me rappellai la déception que j'avais ressenti après l'annonce de la mission palpitante que j'exécutais.


-" Ah Lucy tu tombes bien", comme si ce n'était pas lui qui m'avait fait appeler.


-" Que puis-je faire pour vous ?" demandai-je optimiste car c'était tout de même la première fois que je rentrais dans ce bureau.


-" J'aurai besoin que tu ailles à l'aéroport pour le journal. Une personne importante doit arriver. Il s'agit de mon petit-fils Luxus. Il rentre juste d'un reportage dans une zone de guerre. Il doit être fatigué. C'est la moindre des choses que le journal lui envoie un chauffeur après les articles qu'il nous a fourni au péril de sa vie !"


C'est comme ça que je me retrouvai ici. Comment refuser la seule demande que m'avait fait le patron de "F.T news" ? Mais tout de même je n'étais pas chauffeur ! Il aurait pu engager un professionnel. Je n'ai eu mon permis qu'il y a six mois, bien que c'était un permis international. J'avais eu l'idée de le passer en lieu et place du permis classique à 18 ans. Avec un tel document, je pourrai conduire dans d'autres pays pour mes reportages avait été ma pensée. C'était toujours un plus. Et voilà à quoi il me servait.


Bon, le vol a atterri il y a quelques minutes et toujours personne ne se présentait. Avait-il raté son vol ? Pourquoi un aussi grand reporter et aussi téméraire n'avait pas de photo de lui disponible ? Quand j'ai posé la question, on m'a répondu qu'il préservait sa vie privée. Etait-il moche ? Ces considérations n'ont pas lieu d'être dans ce métier. La presse écrite n'a pas ce genre de préjugés. Les passagers furent de moins en moins nombreux à passer les portes. Les derniers à sortir furent un genre de monsieur muscle entouré par des hôtesses de l'air. Il leur faisait des sourires, des clins d'oeil. Un dragueur en fait. C'est vrai qu'il n'était pas trop mal de sa personne mais avoir une telle attitude... Avec ma chance d'aujourd'hui, il devait être le fameux Luxus Drayer. En tout cas pas question que je fasse le chauffeur pour l'emmener à l'hôtel avec une conquête ! Tant pis si on me virait. En fait non, pas tant pis mais tout de même.  


Je pris mon courage à deux mains.


-” Luxus Drayer ! Je suis le chauffeur envoyé par le journal”, m'exclamai-je dans le hall.


Le blond leva la tête. Il ne fut pas le seul. Mais il fut le seul à s'approcher. Mon mauvais préssentiment était exact ?


-” Décidemment le vieux s'améliore dans le choix de ses recrues. Je suis Luxus Drayer, ma belle.”


-”Je ne suis pas intéressée. Je dois vous conduire là où vous voulez et retourner au journal. Donc je vous emmène où ?” demandai-je en me retournant pour me diriger vers l'endroit où j'avais garé la voiture sans regarder s'il me suivait.


Arrivée aux portes automatiques, j'avançai doucement pour pas me prendre une autre porte dans le visage en une journée. Je jetai un oeil derrière et il n'était pas là. Je fouillai le hall des yeux. Il avait soit été rattrappé par les hôtesses, soit il les avait attendu. Il sortit son portable de sa poche et prit apparemment les coordonnées des trois femmes. Je m'impatientai et commençai à taper du pied. Je m'avançai et je lui pris son sac de voyage des mains et je repartis vers les portes. Il avait intérêt à me suivre s'il ne voulait pas que je parte avec ses affaires. Mon idée marcha car il fut à mes côtés au niveau de la sortie. Je ne lui adressai pas la parole. Je n'avais pas reçu l'ordre de lui faire la discussion. Il ne meubla pas le silence. Il pianotait sur son portable.


-” Si vous ne me dites pas où vous voulez aller, je ne pourrai pas démarrer !” étais-je obligée de dire l'évidence ?


-” 15 allée de Kurama. Dans le quartier de Shibuya” et il se replongea dans son téléphone.


J'allai faire aussi vite que possible avec les limitations de vitesse. Plus tôt j'aurai fini, plus tôt... Rien. Il était un des journalistes star et donc je le verrai tous les jours. Avais-je fait quelque chose qui méritait d'être puni ?  


Le silence resta pendant les dix minutes que dura le trajet. Merci au GPS de la voiture car je suis pratiquement sûre que ce type n'aurait rien dit pour me diriger. Je me garai devant une grande maison à 1 étage. Elle me rappelait un peu celle où j'ai grandi. Je patientai, attendant qu'il descende de la voiture mais il restait assis avec son téléphone à la main. Je n'y avait pas prêté attention mais j'entendais un son provenir du mobile. Je le reconnaissais ! Ce... Ce gars ne travaillait pas du tout, il jouait à Candy Crush ! Je descendis, ouvris le coffre et prit son sac. J'ouvris la portière.


-" Vous êtes arrivé ! Je suis attendu au journal alors si vous pouviez rentrer chez vous !" m'exclamai-je bien décidée à le sortir de là.


-"Je fais quelque chose d'important alors il va falloir patienter ma belle" dit-il en continuant son manège.


Je lachai son sac sur le trottoir, je me remis derrière le volant et je pianotais dessus pour montrer mon impatience. Je levai les yeux dans le rétroviseur central pour voir apparaître un sourire en coin. Il se moquait de moi en plus ! Cinq minutes fut tout ce que je pus attendre. Je descendis à nouveau pour me mettre devant l'ouverture arrière car ni lui ni moi n'avait refermé.


-" Il y a des gens qui travaillent, je vous signale. Il faut que je fasse des recherches pour une journaliste qui est en train de s'impatienter elle aussi. Alors vous allez arrêter de jouer en appuyant sur le bouton pause qui existe je le sais et rentrer chez vous !"


Il sourit encore plus et il resta assis. Mon téléphone se mit à sonner. Je décrochai sans regarder qui c'était juste pour ne pas m'énerver sur ce blond.


-" Allô ? Ah monsieur Drayer. Oui je suis avec votre petit-fils. Nous sommes devant chez lui je crois. 15 allée de Kurama. Oui, il va bien. Enfin je crois car il a apparemment du mal à sortir de la voiture", finis-je de dire avec le sourire.


La réponse de mon patron me laissa sans voix. Je perdis ma joie et vit celle du squatter de voiture s'agrandir. Avait-il entendu l'ordre ? Je n'avais même pas pu placer une phrase. Impossible de rappeler maintenant. J'allais devoir subir ce profiteur pendant la journée car son grand-père s'inquiétait de ce que j'avais dit. Pourquoi ai-je fait cette réflexion ?!


-”Je crois que vous avez assez patienté dans cette voiture ! Allez dehors !” et je repris le sac.


Une fois devant la porte d'entrée, j'attendis encore une fois. Un claquement se fit, la portière venait d'être fermée. Les pas se rapprochèrent et il fut à mes côtés.


-”J'espère que vous êtes heureux ? Je vais devoir faire du baby-sitting pour la journée”.


-” Je promets d'être un enfant obéissant”, dit-il en souriant.


Ce n'était pas vrai, il ne sourit que pour se moquer de moi !


-”Vous feriez mieux d'appeler votre grand-père sinon, il va se faire du mauvais sang”, conseillai-je.


-” Je vais parfaitement bien. Il n'a pas besoin de s'inquiéter. Je me suis toujours débrouillé. Je n'ai besoin de personne”.


Je relevai la tête en entendant cela. C'était peut-être ma chance. Je lâchai le sac à ses pieds et je partis vers la voiture en courant.


-” Puisque vous n'avez besoin de personne, je ne reste pas ! Bonne journée” criai-je.


Et je démarrai en faisant criser les pneus. Je suis presque sûre qu'il y avait maintenant une marque de dérapage sur le goudron. J'étais à un pâté de maison du lieu de ma fuite quand une idée me vint. Je me garai sur le bord et je pris mon mobile.


-” Salut Kinana, tu peux me passer le bureau de monsieur Drayer ? Merci. Monsieur Drayer désolé de vous déranger. Je vous appelle pour vous dire que je rentre au bureau. Votre petit-fils a dit qu'il n'avait besoin de personne et qu'il allait bien. Je ne suis donc pas restée, je ne voulais pas m'imposer”, dis-je assez rapidement pour qu'il ne sente pas ma joie, ni ma ruse.


Il fut d'accord bien qu'un peu inquiet. Un sentiment de culpabilité me prit mais il s'effaça rapidement quand j'eus une vision de ma journée si je l'avais passée avec le blond. Comme ça ma version serait la première. Et Luxus n'oserait peut-être pas la contrer. J'avais cependant un gros doute. Je ramenai la voiture à sa place dans le sous-sol du bâtiment. Le chemin vers mon bureau fut long et angoissant. Je me damandai si Luxus avait appelé et si j'allais perdre ma place à cause de mon caractère. A peine arrivée, je fus à nouveau appelée dans le bureau directorial.


-” Lucy, j'ai une bonne opportunité pour toi. C'est une interview qui vient de nous être proposée. Je pense que tu feras parfaitement l'affaire. Elle sera publiée demain, il faut donc la faire dès ce matin et me la rendre pour 14h au plus tard, comme ça nous aurons le temps de faire des corrections si besoin. Je pense donner comme titre “la personne derrière le nom”. Et si elle intéresse des lecteurs, en faire une chronique”.   


J'avais enfin la chance de montrer mes capacités. J'étais la plus jeune de l'équipe et donc peu de monde me prenaient au sérieux. Je déchantai malheureusement quand il me donna le nom de l'interviewé. Il s'agissait surement d'un coup de Luxus Drayer lui-même pour l'avoir laissé sans le jouet amusant que j'étais devenu pour lui. Il allait certainement se venger. Je n'allais pas le laisser faire. C'était une chance pour moi ! Je remerciai tout de même le patron pour cette possibilité.


Il était 9h30. J'avais donc le temps de chercher quelques informations sur le reporter. Il n'y en avait que peu, bien que je cherchais plus profondement que la dernière fois. Avec les deux trois détails trouvés, je pris le chemin inverse de tout à l'heure. J'avais également en main, des documents à lui remettre. Mira, la secrétaire de Makaroff me les avait donné. J'en avais profité pour lui poser des questions car j'avais appris par les bruits de couloir, qu'elle avait été sa compagne pendant environ un an. C'était Kanna, la chroniqueuse de tous les endroits à la mode  : bars, boîte de nuits... qui m'en avait parlé en fait. Je me demandai comment un type pareil avait pu séduire une jeune femme aussi douce et gentille qu'elle. En fait vu son phisique, la séduire a pu être facile mais la garder pendant aussi longtemps ? Une vraie énigme.


J'arrivai devant la maison, j'en fis le tour en suivant le chemin dallé. Il menait bien à un escalier qui desservait l'étage. Il habitait donc avec son grand-père. Plus exactement dans l'appartement du premier de la maison familiale. Pourquoi avais-je l'impression de monter à l'échafaud ? J'étais obligée de me répéter qu'il s'agissait de ma chance. Je cognai à la porte. Il n'y eut pas de réponse. J'attendis un peu. Je frappai à nouveau. Cette fois-ci, il vint ouvrir. Il était torse nu. Je ne pus détourner mes yeux de ses muscles.


-" Ce que tu vois te plait ?" fit-il avec un sourire canaille.


Je me ressaisis face à cette vanité.


-" J'étais juste en train de me dire que j'avais bien vu ce matin. Tu es blessé".


-" Ce ne sont que quelques plaies superficielles. Mais entres donc, tu pourras m'examiner si tu veux. Je suis content que tu me tutoies".


-" Je suis là pour une interview", dis-je gênée de sa dernière phrase.


Je ne m'étais pas rendu compte que je l'avais tutoyé. Il fallait que je me concentre plus. Je le suivis dans un salon. Il me montra le canapé. Je préférai m'asseoir sur le fauteuil. Il ne pourra pas se coller à moi. Je vis le sourire qu'apporta ma décision.


-" Tu pourrais aller t'habiller. Ça, ce ne fait pas très professionnel", bégayais-je.


Il partit et je soufflai pour me ressaisir. Je sortis mon carnet ainsi que les documents que j'avais à lui remettre. Il revint avec une chemise non boutonnée. Il se passa la main dans les cheveux et se décoiffa de manière sexy je dois dire.


-" Voici des papiers que Mira m'a demandé de te donner', fis-je en poussant l'enveloppe sur la table basse.


Il s'assit sur le canapé de façon détendu. Je savais à son regard posé sur moi que toute cette mascarade était un jeu pour lui.


-" Bon commençons ! Je dois rendre l'article pour 14h au plus tard. Alors, le journalisme de guerre plus que le journalisme d'investigation t'a plu, pourquoi ?"


-" Il y avait plus de poussées d'adrénalines".


J'attendis une suite mais elle ne vint pas.


-" Peux-tu être plus précis ? Ce n'est pas une raison suffisante ! Risquer sa vie juste pour une poussée d'adrénaline, ça n'a pas de sens", ajoutai-je.


-"Pour moi si".


Il ne voulait pas en dire plus apparemment. Je continuai avec les autres questions.


-" Comment fais-tu pour gérer les visions d'horreur que tu vois en permanence ?"


-" Je reste stoïque. C'est le minimum pour garder sa neutralité. Et puis la vie ne se résume heureusement pas à ça ! Bien que la guerre soit le propre de l'Homme".  


Toujours une réponse en surface.


-" Pourquoi avoir accepté cette interview si c'est pour répondre de manière évasive ? Je me demande d'ailleurs pourquoi l'avoir proposé. Je pense que le patron m'en aurait parlé en même temps que sa demande de chauffeur. Ça vient forcément de toi. Et d'après ce que j'en sais, tu n'es pas très porté sur la divulgation de données personnelles, ni de photos. J'attends une explication".


-" J'ai simplement eu assez des demandes successives du vieux. Ça fait des mois qu'il me tanne pour que je le fasse. J'ai juste cédé. Et c'est tombé sur toi".


Je voulais bien le croire mais je restai suspicieuse. Quoique, avec ma malchance d'aujourd'hui, ça s'était passé ainsi. Je regardai autour de moi. La décoration était minimaliste. Les meubles basiques, pas de photos de famille, pas de tableaux au mur, pas même une plante. Rien qui pouvait m'éclairer sur son propriétaire.


-" Comptes-tu reprendre un jour le journal ? Ta famille en est un des membres fondateurs".


-" Etre derrière un bureau toute la journée, non merci. De plus j'ai une meilleure accroche en tant que journaliste avec les femmes".


-"Il n'y a que les femmes et l'adrénaline qui te fasse réagir ?!"


-" C'est la base de toute vie. Je suis jeune, je peux en profiter !"je peux t'apprendre à vivre ainsi. Pas d'autres questions ? Pas de questions sur ma vie amoureuse ? Je suis libre de toutes attaches si ça t'intéresse".


-" C'est pas un article pour les potins. Et non, ça ne m'intéresse pas. Comment Mira a tenu un an avec toi ? Mystère".


Il perdit de son sourire à cette question.


-" Je pensais que ma vie amoureuse ne t'intéressait pas !"


-" C'est le cas. C'était juste une question rhétorique à moi-même. Revenons à l'interview. Penses-tu continuer ce style de journalisme ? Ou même rester à F.T News ? Je crois que plusieurs journaux nationaux veulent te débaucher".


-" Je suis très bien où je suis et avec ce que je fais".


-" Tu ne veux pas y mettre du tien pour ce papier".


Il ne répondit pas. Il resta à me fixer. Il prit la parole sans que je m'y attende.


-" Je vais faire du café".


Avait-il lui aussi ressentit le malaise ? Non, il n'était pas... Pourtant ses reportages étaient si sensibles par moment. Je ne comprenais pas comment l'être superficiel qu'il me montrait pouvait écrire de tels articles. Il revint avec deux tasses. Il en avait donc apporté pour moi. Bon, il ne m'avait pas demandé ni si j'en voulait, ni comment je le prenais mais tout de même. Je refermai mon calepin et je pris la tasse sur la table basse. Je bus tranquillement tout en le dévisageant. J'allais essayer une autre méthode.


Au bout de cinq minutes, avec ma tasse à la main, il n'avait toujours pas craqué fasse à mon regard persistant. Il n'avait pas eu le moindre signe de malaise. Il avait des nerfs d'acier. Il en faut pour ce métier. C'est moi qui avait instigué cette situation et c'était moi qui n'en pouvait plus. Je finis mon café tiède et je posai les autres questions se trouvant sur mon carnet. Bien que moins personnelles, les questions eurent le même type de réponse. Je regardai ma montre, 11h15. La matinée ne passait pas. J'avais hâte d'être à demain.


-" Il ne sert à rien d'insister. Je vais faire au mieux avec ce que j'ai pu tirer de ce simulacre !", m'exclamai-je énervée.


-" Je suis tout disposé à ce que tu en apprennes plus sur moi", sourit-il.


-" Encore une fois, non merci", et je répartis vers ma voiture.


Durant le retour, je cherchai comment faire pour mon article. J'eus une idée en passant devant un panneau publicitaire. J'esperai que cela conviendrait. Il me fallut 1h30 pour le mettre en forme. Hélas je n'avais pas... À mais si ! J'avais pris une photo de Luxus avec sa chemise ouverte en faisant croire que je lisais un message. Cette photo ne m'était pas destinée. Je l'avais faite pour la montrer au patron. On voyait bien le pansement sur son abdomen. Je n'aurai qu'à zoomer sur le visage, ça devrait convenir. Je relus le tout. Je ne pouvais de toute façon pas faire mieux. J'allai frapper à la porte de monsieur Drayer. Il voulait vérifier mon travail. Après tout, c'était son petit-fils et son employé.


-" Monsieur, j'ai fini. Je dois vous dire que ça n'a pas été facile", et je déposai la feuille sur le bureau.


Je ne restai pas. Je ne voulais pas voir sa réaction. Pour me changer les idées, je repris les recherches pour Erza. J'aimais beaucoup l'équipe que formait les employés ici. Si l'un avait fini son papier, il aidait les autres. Et ils avaient tous un tel professionnalisme. Sauf une personne que j'aurai préféré ne pas connaître. En revenant à ma table, je vis un mémo me disant que mon article serait publié. Je ne pus retenir ma joie, un "Youpi" résonna dans la salle.


-" Tu m'as l'air bien heureuse" demanda Grey Fullbuster, journaliste d'investigation.


-" Mon interview de Luxus Drayer va être publiée demain. Je suis contente".


-" Félicitations. Je me souviens de mon premier article. J'ai fait la fête pendant deux jours".


-" Tu n'as pas trop de mal à t'en rappeler. C'était il y a un an", s'amusa Erza Scarlett, à la rubrique Justice.


Un éclat de rire général se fit. Il fut coupé par l'arrivée en trombe d'un géant blond en colère. Je me cachai inconsciemment derrière Grey. Il s'élança vers le bureau du chef. Quelques minutes après, il sortit et cherchait quelque chose où plutôt quelqu'un, moi. J'aurai du partir déjeuner. Mais ma curiosité a pris le dessus. Il me vit et fonça sur moi, les yeux plein de rage. Il m'attrapa par le bras et m'attira vers la salle de réunion. Il ferma la porte. Cependant cette pièce n'était pas comme le bureau de monsieur Drayer, elle était pas insonorisée. J'étais sûre que les autres écoutaient derrière.


-" Je peux savoir où tu as pêché les inepties que tu as écrite ?!  s'exclama-t-il hors de lui.


-" Puisque tu ne voulais pas me répondre convenablement, il a fallu que je trouve les informations autre part ! J'ai alors interviewé ton grand-père, Mira ainsi que ton correspondant pour le dernier reportage. J'ai ainsi appris comment tu t'étais blessé. Pourquoi le cacher ? Tu n'es pas si superficiel que ce que tu montres ! Je ne te comprends pas".


-"Il n'y a rien à comprendre ! Je ne le fais pas pour que ça se sache. "


-" Tu es idiot. Je te dis pas de le crier sur les toits, mais de le dire quand on te pose la question. Ton entourage te comprendrait mieux. Tu joues un double jeu avec les personnes qui te sont proches ! Ton grand-père et Mira n'étaient pas au courant non plus. Sauver une femme et son enfant des balles est un acte courageux et magnifique. Tu te préoccupes beaucoup des peuples que tu vois touchés par la guerre que tu es venue relater, ça se lit dans tes articles. Je ne comprenais pas cette dualité, il fallait que je trouve. C'est ce que j'ai fait. Tu n'as pas le droit de dire que c'est des inepties. Il n'y a rien de faux dans mon article. C'est vrai que ce n'est plus une interview de toi mais sur toi. Tu es un sujet pas si rebutant tout compte fait" souria-je finalement.


Il se passa la main dans les cheveux, gêné.


-" Je préfère qu'on me croit superficiel. C'est plus facile à gérer. Les relations sont plus facile aussi" dit-il en s'appuyant contre le bord de la table et en croisant les bras.


-" Tu n'es pas sociable. C'était donc un moyen de te rapprocher sans t'investir alors ! Mais tu sais des personnes pourraient ne voir que cette superficialité et ne pas cherchaient à te connaître. Tu perdrais sans le savoir de vrais amis où même la femme de ta vie ! D'ailleurs ta relation avec Mira ne se serait peut-être pas terminée", certifiai-je en me mettant à côté de lui.


-" Mon couple avec Mira ne pouvait pas fonctionner. Je n'étais pas souvent là. Sur un an, on a du se voir l'équivalent de 5 mois environ. Et puis je ne l'aimais pas assez", avoua-t-il en fixant le mur.


-" Tu sais que tu es plus sincère maintenant ! Ai-je créé une brèche dans ta carapace ? Le grand Luxus Drayer se confie !!"


-" Moque-toi de moi. Je ne dirai plus rien !"


-" Mais non, je disais ça pour rire".


-" Puis-je te poser une question ?"


-" Bien sûr", lui repondis-je.


-" C'est seulement pour ton article que tu as autant cherché à me connaître ?"


-" Eh bien si j'avais dû m'en tenir à notre rencontre à l'aéroport. Je n'aurais pas voulu en savoir plus. Mais après entre tes articles, l'avis de Mira et de ton grand-père, je me suis dit qu'ils ne pouvaient pas t'apprécier autant sans une raison. J'ai profité de l'interview pour te connaître, cependant tu n'as pas voulu répondre franchement. Et j'ai tout de même pu voir certaines réactions qui m'ont rendues curieuse. J'ai approfondi le sujet. Je dois t'avouer qu'alors que je rentrais au journal, le chef m'a appelé pour savoir comment ça se passait. Il se doutait de ton manque de coopération. Il voulait me donner un autre sujet d'interview, Grey Fullbuster. C'est moi qui ai refusé".


-" J'en suis content. Toutefois je refuse toujours que cet article soit publié !"


-" Pourquoi ? Quand ils liront ton prochain sujet, les lecteurs te comprendront mieux. Les faits ne sont parfois pas suffisant pour faire savoir quelque chose", m'énervai-je.


-" Car l'article comporte certaines données fausses. J'ai décidé d'arrêter le journalisme en zone de guerre. C'était ma dernière mission. Et pour ta partie sur ma vie sentimentale qui n'a d'ailleurs rien à faire dans un journal, tu as faux en disant que je suis un coeur à prendre. Je suis amoureux de quelqu'un. C'est pour elle que j'arrête" s'expliqua-t-il.


-" Quoi ?! Il faut vite arrêter le processus d'imprimerie ! Je vais le dire au patron !"


-" C'est déjà fait. Je viens aussi de lui dire pour mon changement d'affectation. Il a été choqué" sourit-il.


-" Moi qui étais si fière ! Attends ! Depuis quand es-tu amoureux ? "


-" Ça va faire 5 mois"avoua-t-il.


-" Je ne comprend plus rien. Déjà que tu me dises toutes ces choses sur toi, tes sentiments, ta décision... Pourquoi tout d'un coup ? Et ensuite, tu es amoureux mais ça ne t'a pas empêché de draguer les hôtesses de l'air ni de prendre leur numéro !" criai-je finalement.


-" Disons que comme tu as cherché à me connaître et pas seulement pour un papier, c'est la récompense de tes efforts...".


-" Tu es tout de même vaniteux de croire qu'en savoir plus sur toi est une récompense" le coupai-je.


-" Tu avais tout à fait raison, qui ne voudrait pas mieux me connaître ? Comme l'adage dit : me connaître, c'est m'aimer".  


-" Oh ! Tu ne joues pas double jeu. Tu as une double personnalité !" annonçai-je en secouant la tête de consternation.


Le rire de Luxus retentit dans la pièce. J'en aimais bien le son. Je pensai qu'il faudrait qu'il le fasse entendre plus souvent. Je me tendis en comprenant cela. J'étais dans une zone dangereuse. Je le regardai et vit qu'il me fixait d'un étrange manière.


-" Quoi ?!" m'énervai-je à nouveau.


-" Rien. Où en étions-nous ? Ah oui ! Les hôtesses de l'air. J'ai pris leur numéro à titre professionnel. Pas besoin de faire cette tête ! C'est vrai. J'ai pensé à un sujet pour ma reconversion. Il faudra que je les interroge sur les habitudes durant le vol de l'équipage. Je me suis beaucoup amusé avec les femmes mais maintenant je compte bien conquérir celle que je veux. Et lui être fidèle".
 
-" Attends ! Elle ne connaît pas tes sentiments après 5 mois ?!", j'étais abasourdie.


Luxus semblait pourtant direct dans sa façon d'être et de faire.


-" Je l'ai rencontré mais pas elle. Je veux dire que je l'ai vu mais elle n'a certainement pas fait attention à moi parmi le monde qui nous entourait".


-" Tu ne passe pourtant pas inaperçu".


-" Je sais, mon charme est attractif pour les femmes".


-" C'est ta taille, ta corpulence et surtout ton ego démesuré !" rectifiai-je.


-" Si tu es insensible à mon charme, tu vas pouvoir m'aider. Celle que j'aime est différente des femmes qui ont traversé ma vie. Quoique Mira s'en rapproche beaucoup. Cependant elle a plus de caractère. Elle sera difficile à séduire mais je le prends comme un challenge".


-" Bip ! Mauvaise reponse. Les femmes n'aiment pas être considérées comme des challenges. Ça montrerait que tu veux la conquérir seulement car elle te résiste. Et je peux savoir pourquoi je devrais t'aider ? Il me semble que j'ai eu plus de problème depuis que je te connais. Qu'elle sera ma récompense ?"


-” Je pensais tu avais une âme altruiste”.


Pourquoi devrais-je passer plus de temps avec quelqu'un qui me plait déjà trop et qui en aime une autre ? Mais cette pensée égoïste, je dois l'effacer.


-" Je t'aiderai à trouver des reportages à proposer au vieux. Ça te va ? Je pourrai aussi t'aider à t'améliorer dans le métier".


-" Ça veut dire passer plus de temps avec toi et je ne suis pas sûre que...".


-”Je t'attends chez moi en début de soirée. Ne sois pas en retard sinon, je viens te chercher à ma façon au journal demain”, et il partit.


J'avais raison, plusieurs personnes se dispersèrent à l'ouverture de la porte. Ils n'étaient vraiment pas discrets. L'après-midi passa trop rapidement. Je n'étais pas pressée de me retrouver seule avec lui. Surtout avec l'objectif de l'aider à séduire une autre femme. Comment ça une autre femme !


J'arrivai à 18h30. J'avais essayer de repousser le plus possible mon arrivée. Cela ne lui plut apparemment pas. Il me regarda méchamment en ouvrant.


-"D'accord, je vais t'aider. Il faut que tu entres en contact. Elle ne peut tomber amoureuse si elle te connaît pas ! Ensuite évite de lui présenter mister Hyde" commençais-je.


-" Qu'est-ce que tu appelles mister Hyde ?"


-" Je parle de ta double personnalité, celle qui est superficielle et playboy. Si celle que tu aimes a le même caractère que moi, elle risque de vouloir fuir en le voyant. Si ça n'avait pas été pour le travail, c'est ce que j'aurai fait".


-" Mais tu es restée et tu ne le regrettes pas !" fanfaronna-t-il.


Je rougis mais je ne savais pas si c'était par gêne ou par colère car à ce moment j'éprouvais les deux. Je fis le mouvement de partir mais il m'attrappa le bras.


-" Je n'ai rien dit. Continue de me dire ce qu'il faut pour séduire une femme étrange comme toi".


-" Il ne s'agit pas de moi et je ne suis pas étrange !" m'exclamai-je.


C'était la goutte d'eau. Je secouai mon bras pour me défaire de sa poigne. Mais avec un mouvement que je ne realisai pas, je me retrouvais dans ses bras. Son torse était chaud et musclé. L'odeur viril qui se dégageait de lui envahi tous mes poumons. J'avais l'impression qu'elle s'imprégnait dans les plus petites bronchioles pour y rester. Foutues phéromones ! Ce type était... Je ne finis pas ma pensée. L'étreinte de ses bras se resserra sur moi.


-" Tu compte faire quoi ? ", le son de ma voix était ténu.


-" Je m'entraîne à séduire " je pus sentir le sourire qu'il faisait.


J'essayai de me dégager cependant mes propres bras n'avait que peu de force étrangement. Une de ses mains frôla mes côtes, mon sein droit puis elle pinça mon menton pour le redresser. J'ouvris les yeux et la bouche de stupeur. Il en profita pour m'embrasser. Sa langue vint enlacer la mienne. Il la taquina du bout. J'avais toujours les yeux ouverts et je fixai les iris qui peu à peu disparaissaient recouvertes par les pupilles qui se dilataient. Je vis flou, mon coeur reprit ses battements mais ils étaient rapides, erratiques. Un mot raisonna dans ma tête " aimer". Il me fit revenir à moi. Je repoussai Luxus de toutes mes forces.


-" Mais ça ne va pas ! Tu oses m'embrasser et dire que tu aimes une femme ! Et tu lui es fidèle depuis que tu l'as vu ?! C'est quoi ta conception de la fidélité ! Tu es un moins que rien !", m'écriai-je des larmes coulant sur mes joues.


Il leva la main. Malgré qu'il m'ait embrassé sans mon consentement et que je venais de l'insulter, je savais que cette main ne pouvait me faire du mal. Je me détournai pour m'enfuir. Il me prit dans ses bras, mon dos contre sa poitrine dans laquelle je pouvais sentir le galop de son coeur.


-" Je me suis laissé aller, pardonne-moi. Mais ça fait si longtemps" murmura-t-il à mon oreille.
 
-" Si tu es frustré va voir quelqu'un d'autre. Ce n'est pas avec mon absence totale d'expérience du sexe que tu vas être comblé !", j'avais laissé sortir une information que je ne voulais qu'il sache.


Je suis pathétique. J'ai commencé cette journée en le détestant et maintenant je réalisais que j'aimais un homme qui ne faisait que jouer avec moi.


-" Tu n'as jamais...? J'en suis heureux" continua-t-il.


Je m'énervai. Il se moquait de moi !


-" Arrête tes bêtises ! Laisse-moi partir !"


Mais il ne me lâchait pas. Il ressera sa prise, recula jusqu'au sofa et s'assit dessus, moi entre ses cuisses. Je me debattais toujours quand j'entendis sa voix s'adoucir.


-" Maintenant que je t'ai contre moi, jamais. C'est ce que j'ai ressenti en te voyant à ce congrès de journalisme. Tu portais une robe verte et tu riais avec un groupe. Durant les 3 jours qui suivirent, je n'ai pu détacher mes yeux de toi. Je me suis approché pour t'aborder. Une femme rousse à côté de toi m'aperçut et elle te parla. Tu t'es tourné vers moi mais tes yeux m'ont survolés. J'avais pourtant fait mon sourire conquérant. Seule la rousse réagit. Elle fit un commentaire et tu lui as répondu que tu étais là pour les conférences et que tu n'avais pas vu d'homme à ton goût. Le choc pour moi ! Je sentis une pointe dans mon coeur".


-" Ton égo".


-" Non, j'ai un peu compris. Je ne suis pas si imbus de moi. Tu étais si douce, si lumineuse et je suis une brute superficielle. Mais j'ai décider de te conquérir. Pas question qu'un autre t'apporterai l'amour. Je décidai de ne rien tenter car je devais partir en mission plusieurs mois. Au retour du congrès, je m'en suis voulu de n'avoir rien fait. Peut-être que durant mon absence un type te draguerais et que tu succomberais. Je me suis pris une cuite phénoménale dans un bar. Je me suis dit que je devais renoncer et coucher avec une femme. Certaines sont venues se frotter à moi. Je n'ai pas réagis. Sauf quand je vis une chevelure blonde. Je me suis rapproché d'elle. Dans mon délire éthylique, c'était toi. J'étais excité mais en voyant que ce n'était pas toi, je n'ai jamais aussi vite debandé. Je pris un taxi. Et je me suis trompé de porte. Le lendemain, je me rappelais que j'avais tout déblaté au vieux. Une semaine après cette beuverie, c'est à dire trois jours après mon départ, il me contacta pour me dire qu'il avait fait une exception en choississant une stagiaire de première année de journalisme au lieu d'une troisième année minimum. Et surtout que c'était toi. Il m'a dit qu'il comprenait pourquoi tu me plaisais sans même prendre en compte mes cris de colère. Il rajouta avant de raccrocher qu'il prendrait soin de toi à ma place. Et moi pour quelqu'un qui voulait t'oublier, je me suis mis à le contacter tous les trois jours au lieu de tous les quinze jours habituels, juste pour avoir de tes nouvelles. C'était pathétique. Le vieux sadique prenait des photos de toi et me les envoyait. Ça a considérable diminué ma volonté de t'effacer de moi. Au deuxième mois, j'ai décidé à nouveau de te conquérir à mon retour et que si cela fonctionnait, je ne voulais plus être séparé de toi. J'ai donc décidé de changer d'orientation. Et j'ai pris cette décision assez facilement alors que huit mois plus tôt quand c'était Mira qui me l'avait demandé, je pensais ne jamais vouloir le faire. Tu ne dis rien ? Pas de cris, de récriminations ?"


-" Non. Je me demande simplement comment tu gères de m'avoir avouer tout cela, toi qui n'est pas très porté sur l'aveu de ce que tu ressens".


-" C'est tout ?! Je me déclare, je te parles de mes faiblesses qui sont presque toutes liées à toi et aux sentiments que je te portes et c'est tout ce que tu réponds ?! Putain. Bordel de merde. Tu n'éprouves donc rien pour moi ? Tu n'es pas heureuse que je t'aime autant ?" et il me relâchait.


Je sortis de son enlacement. Il baissa les épaules et regarda le sol. Je m'accroupis devant lui et je posai mes mains sur ses genoux. Il leva la tête, croisa mon regard et il écarquilla le sien. J'avais le visage inondé de pleurs mais le sourire aux lèvres.


-" C'est le rêve de toute femme d'être aimée ainsi !" et je lui sautai dessus en l'embrassant.


Cette fois-ci, je participai fougueusement et maladroitement au baiser. Je glissai mes mains dans ses cheveux qui étaient beaucoup plus doux que leur tenue le laisser présager. Je gémis sous l'habileté de Luxus. Je ne voulais pourtant pas penser à sa longue pratique. De toute façon cette allusion s'effaça de mon esprit en sentant ses doigts glisser sous mon chemisier. Un frisson de plaisir se répercuta sur toute ma colonne vertébrale.


-" Je ferai mieux de me calmer avant que je me jette sur toi !" déclara-t-il en s'écartant.


-" Je veux connaître l'amour dans tes bras. Je n'ai pas l'expérience de tes autres..." commençais-je à dire en remettant ses mains sous mon haut.


Mais il me bâillonna avec ses lèvres.


-" Si tu es sûre de toi, alors ne te compare pas aux autres, tu es la seule avec qui je ferai jamais l'amour. Les autres ce n'était que du sexe" et il posa sa bouche sur mon cou.


Il descendit au fur et à mesure que mes soupirs augmentèrent. Il arriva au premier bouton qu'il fit sauter ainsi que les autres avec juste un doigt. Il me fixa, me souleva jusqu'à ce que mes cuisses entourèrent ses hanches.


-" J'ai tellement rêvé de toi dans mon lit qu'il n'est pas question que l'on se contente du sofa ! Tu mérites mieux".


-" Luxus" fut tout ce qui sortit de ma bouche quand il me coucha dessus.


Je lui tendit les bras en souriant. Ce fut apparemment trop pour lui. Il fonça sur ma poitrine en grognant. Il mordilla mes tétons à travers la dentelle de mon soutien-gorge, seul obstacle avant ma peau.


-" Je ne sais pas si je vais pouvoir me contenir malgré que je sache que c'est ta première fois. J'ai jamais désiré quelqu'un aussi fort", s'excusa-t-il.


-" Et je parie que tu n'as jamais eu d'aussi longue abstinence" ajoutai-je amusée et excitée.


-" Non', grogna-t-il.


-" Je veux le vrai Luxus. Je veux tout de toi" et je détachai mon soutien-gorge.


Il prit mon sein dans sa main et titilla la pointe plus que tendue. De son autre main, il fit glisser ma jupe et ma culotte en même temps. Je soulevai le bassin pour l'aider. Il déposa une ligne de baisers sur mon ventre. Les sensations m'envahirent de plus en plus. Mon souffle devint saccadé. Mes mains s'accrochèrent aux draps. Ma tête partit en arrière quand sa bouche se posa sur le haut de mon sexe. Il me retira complètement le bas. J'étais nue devant lui qui était encore tout habillé. Il était debout face au lit, à me regarder avec fougue. Il fit passer son T-shirt par dessus sa tête. Je pus voir son pansement sur son ventre mais aussi celui sur son bras. Je me redressai inconsciemment et posai ma main sur eux. Il y avait aussi d'autres cicatrices. Combien de fois avait-il risqué sa vie ? J'aurai pu ne jamais le rencontrer. Des larmes perlèrent.


-" Ça ne me fait plus mal. Tout va bien" certifia-t-il.


Je lui embrassai toutes ses marques qui montraient son courage mais aussi son insouciance. Toutefois, il avait abandonné ce monde de violence pour moi. Ma peur pour lui se transforma en un peu plus d'amour. Il passa ses mains pour écarter les mèches de mes cheveux qui cachaient mon visage. Il m'embrassa profondément après avoir murmuré "oublie". Je restai assez concentré pour porter mes doigts sur son pantalon, surtout le bouton d'attache et sa braguette, même s'ils étaient tremblant. Il m'allongea de nouveau et retira son pantalon défait et son boxer d'un seul coup en souriant devant la stupéfaction que montra mon visage. Je me doutais vu son gabarit qu'il serait, comment dire, bien pourvu. Je ne pensais pas que peut-être il serait si imposant. Allais-je pouvoir m'adapter à lui ? Il se pencha en se moquant de moi.


-" Alors tu comprends pourquoi elles fondent toutes devant moi ? Pourquoi je suis si confiant ? Je suis le fantasme des femmes !"


-" Et voilà mister Hyde de retour. Je crois que je vais te laisser seul avec toi-même" dis-je en reprenant mes esprits avec cette attitude et en faisant mine de me dresser.


Il me stoppa et caressa mon corps. Je ne voulus plus partir. Même ma conscience voulait rester. Il me recouvrit ensuite de son propre corps. Je remuai le bassin pour me frotter à lui. Je n'avais plus de self-contrôl. Sa main glissa sur mon mont de Venus, un doigt s'introduisit entre mes lèvres intimes. Puis un deuxième. Il enclencha un mouvement circulaire son mon clitoris. Je laissai échapper des sons que je n'aurai imaginé.


-" Tu es si belle et si bandante. Ton corps voluptueux est fait pour l'amour. Et je suis fait pour me perdre entre tes cuisses. Tu ne peux pas dire le contraire" susurra-t-il en accélérant.


J'étais presque aux portes du septième ciel quand il arrêta et qu'il introduisit le premier et directement le deuxième doigt en moi. C'était si bon. Je ne voyais plus que ses contours. Je sentais ses lèvres puis sa langue là où ils étaient un peu plus tôt tout en continuant son va-et-vient. Je me cambrais. Il en profita pour faire pénétrer un troisième doigt. Celui-ci me fit un peu mal mais étrangement cela augmenta mon plaisir. C'était vraiment en train d'arriver. J'allais offrir ma virginité à un excellent amant qui m'aimait et que j'aimais.


-" Viens Luxus, je t'en pris".


Sa volonté devait déjà ne plus être qu'un souvenir car il retira ses doigts, les lécha, se positionna à l'entrée de mon sexe et plongea d'un mouvement. Je criai ma douleur et me contractai sur lui. J'enfonçai mes ongles dans ses épaules, ma tête dans son cou pour y verser quelques larmes. Il ne bougea plus.


-" Pardon, pardon" ne cessa-t-il de répéter.


-" Ça va" dis-je en serrant les dents.


-" Non, ça ne va pas. J'ai tout oublié. J'ai été une brute sans considération. On va arrêter avant que je ne te fasse plus mal encore".


-" Ce qui me ferait plus mal, serait d'abandonner et de garder de ma première fois que le souvenir de la douleur. Prends tes responsabilités crétin et fais-moi jouir !" m'exclamai-je rouge pivoine.


Il me regarda étrangement et se mit à rire.


-" Je viens un peu plus de tomber amoureux de toi", avoua-t-il, ses doigts revenant sur mon clitoris.


-" Alors prouve-le !" mon souffle s'accélérant.


Peu à peu la douleur cuisante s'estompa. Mon utérus se contracta sur lui. Il fit de doux mouvements de bassin puis de plus en plus profond. Je ne savais plus où j'étais, qui j'étais. Tout ce que je voulais c'était que ça ne s'arrête jamais et paradoxalement que cela finisse en apothéose. Et c'est qu'il arriva. Le plaisir me submergea. J'entendis le cri de délivrance de Luxus et sa semence se répercuter en moi. Enfin cette dernière donnée vit jour plus tard. Il s'écroula sur moi. Nos souffles difficiles à retrouver, nos coeur battant la chamade comme s'ils voulaient s'échapper, nos corps couvert de sueur et autres. C'est ainsi que j'avouai.


-" Je t'aime Luxus. En une journée".


-" Il m'a fallu moins que ça" souffla-t-il.


Il glissa sur le côté et me prit dans ses bras. Je pus voir son réveil. 00h 10.

Tout compte fait, hier n'était pas une si mauvaise journée.                
      
 
Voici le deuxième OS pour le concours de fanderoluetgreylu (lien : CONCOURS)
      

Tags : LuxLu ♥

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Comments :

  • fairy-althea

    12/05/2017

    mitsu-kuro wrote: "Oui je voulais un one shot. L'histoire sur le luxlu m'as vraiment beaucoup plu ^^
    mais j'hésite entre le greylu et le luxlu. :(

    Bon je choisis un luxlu (avec lemon) si possible

    :)
    "

    Alors un Luxlu dans le thème de Fairy Tail ou de la vie réel ?

  • mitsu-kuro

    12/05/2017

    Oui je voulais un one shot. L'histoire sur le luxlu m'as vraiment beaucoup plu ^^
    mais j'hésite entre le greylu et le luxlu. :(

    Bon je choisis un luxlu (avec lemon) si possible

    :)

  • fairy-althea

    12/05/2017

    mitsu-kuro wrote: "Oops!!! Erreur dans mon comm's bah j'espère que t'as quand-même compris ^^

    Passé une commande..haha
    "

    Dis-moi ce que tu voudrais et je te dirais si je pense pouvoir l'écrire ^^

  • fairy-althea

    12/05/2017

    mitsu-kuro wrote: "J'ai adorée au fait, possible de faire une commande?"

    Je suis sur plusieurs écrit en ce moment et je n'avais jamais pensé à faire des histoires sur commande. Mais pourquoi pas ? Simplement comme j'ai dit je suis sur différentes histoires donc cela ne pourra être qu'un one-shot et pas une fic ou mini fic.

  • mitsu-kuro

    11/05/2017

    Oops!!! Erreur dans mon comm's bah j'espère que t'as quand-même compris ^^

    Passé une commande..haha

  • mitsu-kuro

    11/05/2017

    J'ai adorée au fait, possible de faire une commande?

  • fairy-althea

    28/09/2016

    Cindy-Haman wrote: "wow jai vraiment aimer et je suis une fan des luxlu bravo
    "

    Merci beaucoup ^^

  • Cindy-Haman

    28/09/2016

    wow jai vraiment aimer et je suis une fan des luxlu bravo

  • fairy-althea

    23/09/2016

    Llalla-rulla wrote: "Sérieusement, j'ai trop aimé ! Surtout qu'habituellement je ne lis pas du Luxlu !! ^^"

    Tant mieux alors. Je suis contente ^^

  • Llalla-rulla

    23/09/2016

    Sérieusement, j'ai trop aimé ! Surtout qu'habituellement je ne lis pas du Luxlu !! ^^

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